Les 4 enquêtrices de la supérette Gwangseon – Jeon GUNWOO

Une lecture cosy, mystérieuse, tendre, forte et engagée.

En cette période de décembre, quoi de mieux que d’allier une tasse de chocolat chaud, un plaid et un cosy mystery riche en couleur.

Jeon Gunwoo nous propose un roman policier, léger et, sur certains points, féministe, dans une atmosphère cruelle, angoissante, tendre et drôle.

« Dans la supérette Gwangseon, quatre femmes, dont les maris rivalisent de paresse et de machisme, se retrouvent pour de petits travaux. Quand un exhibitionniste sévit dans le quartier, elles décident d’enquêter pour le faire arrêter.

Peu après, dans leur résidence, un serial killer reprend ses activités criminelles après des années de pause. Sa spécialité : laisser près du corps de ses victimes un badge « smiley ».

Ensemble, pour gagner la prime qui paiera le divorce de l’une d’entre elles, les quatre amies vont devoir enfiler leur tenue de Sherlock Holmes. »

Ce roman est un mélange de trois sentiments en crescendo-decrescendo. Au départ, le lecteur plonge dans une atmosphère douce, drôle et amer au cœur de ce petit groupe de femmes au foyer que la vie ne semble pas gâter. En effet, en plus d’effectuer des petits travaux dans la supérette Gwangseon, elles doivent enchaîner avec les tâches ménagères et supporter le caractère paresseux et machiste de leurs maris. Le lecteur s’immerge ensuite au cœur d’une enquête cruelle et angoissante auprès de ces 4 femmes toutes plus courageuse les unes que les autres, pour ensuite accueillir une ambiance tendre et chaleureuse à vous faire longuement sourire 🥰

J’ai beaucoup aimé l’univers du roman. L’intrigue est vraiment bien ficelée avec de jolis retournements de situations et un contexte tiraillé entre Rire et Peur. On est face à une enquête bien écrite qui tient le lecteur en haleine et l’empêche de découvrir le(s) coupable(s) en avance. L’ajout d’un univers cosy permet au livre d’être moins terrifiant que les romans policiers à l’état pur, sans pour autant retirer l’adrénaline qui nous pousse à dévorer les pages en un rien de temps.

En plus de cet incroyable mystère qui plane autours de nous, l’auteur aborde d’intéressants sujets de société au travers de nos quatre héroïnes. En parallèle de l’enquête, l’écrivain semble dénoncer les conditions et pressions sociales que peuvent subir les femmes en Corée, notamment au sein du foyer.

Chaque enquêtrice semble représenter un problème sociétal :

  • Intérêt physique perdu quand une femme vieillie.
  • Violence conjugale.
  • Décharge de toute obligation masculine suite à une grossesse non désirée.
  • Dénigrement constant des choix, des volontés professionnelles non destinées aux femmes, du physique, des passions qu’elles développent, etc
  • Manque de respect, de douceur, d’empathie et de considération.
  • Pression des « rôles obligatoires » et d’une vie vécue au second plan : tâches ménagères, enfants, etc
  • Charge mentale.

On aborde également d’autres sujets sortant du domaine familial :

  • Le harcèlement sexuel, son manque de justice, de prise en charge et de considération.

« Pas ordinaire, non, un monstre calme. Considérer qu’il y a des types comme lui partout revient à réduire ce genre de comportement à un dérapage banal. Or, il s’agit bien d’un crime, qui doit être puni par une peine appropriée. Montrer son zizi à des femmes et se masturber, ce n’est pas un simple harcèlement sexuel, c’est une violence sexuelle. Elle peut évoluer vers bien pire » – (p.83).

  • La prise à la légère des violences conjugales, comme des harcèlements.
  • La tentative de trouver des excuses au coupable, rendant illégitime la parole de la victime, voire, la rendant coupable de ce qu’elle a subi.

« Ces actes pervers sont trop souvent pris à la légère, déplore Miri. Alors qu’ils sont traumatisants. La frayeur vous saisit. Et ça reste douloureux » – (p.100)

« Qu’est-ce que ça fait du bien de parler avec des gens qui vous comprennent ! […] Le corps a réagi, quoi, pour évacuer cette pression. Mais je ne pouvais en parler à personne. Pourtant, je suis la victime. Seulement, j’avais l’impression d’être l’idiote dans cette affaire. » – (p.100)

Au premier abord, face à tous ces messages, l’enquête semblait intéressante, mais tout de même un peu superficielle. Je n’avais pas l’impression qu’elle était le point capital du roman. Cependant, quand elle se place enfin au premier plan, sans pour autant éteindre les autres thématiques, elle devient extrêmement captivante. Celle-ci nous plonge alors pleinement dans l’univers du roman et nous empêche un retour à la réalité. Avec ce mélange de mots et de couleurs, on passe de la joie à la tristesse, et de l’angoisse à l’euphorie.

J’ai beaucoup aimé ces quatre femmes qui suscitent l’admiration et dégagent une puissance, un courage et une force de caractère très agréable pour le lecteur.

En conclusion, ce fut un joli coup de ❤ ! Le roman nous embrasse avec douceur, mystère et engagement. La plume de l’auteur est tellement aérienne et sincère qu’elle nous fait entrer rapidement dans cette intrigue, la porte grande ouverte.

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