Dans mes coups de cœur 2021, je demande « Zazous » de Gérard de Cortanze!

Après deux ans de sommeils dans ma bibliothèque, je me suis enfin décidée à sortir ce roman de son lit 🎉 Je dois avouer que je n’étais pas très emballée par la thématique… Je me disais : « encore un roman sur la seconde guerre mondiale… Encore les mêmes thématiques. C’est du cuit et du réchauffé ».

J’ai peu de coup de cœur prenant place en 39-45. Le seul qui m’est resté en tête est le récit d’Henri Borland, un survivant des camps de concentration. Je l’ai rencontré il y a maintenant presque cinq ans, quand j’étais au lycée. Il avait écrit un roman, Merci d’avoir survécu, qui m’avait profondément marqué, autant par son histoire frappante que par son humanité pleine de compassion. En effet, Henri Borland a vécu un enfer. Mais son humanité lui a permis de faire la différence entre l’Allemagne nazie et l’Allemagne persécutée. Quand il a recouvré sa liberté, quand il a survécu, il a repris sa vie et s’est même marié avec une jeune allemande.

Je retrouve, dans le roman de Gérard de Cortanze, une nouvelle façon de parler de cette période, ainsi qu’un nouveau coup de cœur. Son titre est déjà « innovant » : Zazous. On remarque qu’on observera une autre facette de cette guerre. Ce roman met l’accent sur la jeunesse parisienne qui a vécu l’Occupation Allemande de 1940 à 1945. Dès les premières pages, on fait la rencontre d’un petit groupe d’ami très diversifié : Josette, Pierre et Jean sont lycéens, prêt à entrer à l’université. Sarah est une jeune coiffeuse de confession juive. Charlie est un trompettiste afro-américain. Maries est danseuse, Lucienne mannequin. Odette travaille dans une boulangerie. À première vue, Gérard de Cortanze promet de nous décrire l’envie de ne pas gâcher sa jeunesse dans une France occupée. Malgré les sombres heures qui les attendent, notre petite bande cherche tout de même à s’amuser. Passionnée de Jazz et de Swing, elle va faire partie d’un courant décalé : les Zazous. Et toutes ces années de joies et de pleurs, nous les vivront au travers d’un personnage touchant et innovant : Josette.

Après de nombreuses tentatives littéraires, Zazous est le second coup de cœur prenant place entre 1939 et 1945 !

Quelques informations sur le roman :

Titre = Zazous

Auteur = Gérard de Cortanze

Éditeur = Albin Michel/Le livre de poche

Nombre de pages = 653

Date de parution = 03 mars 2016

ISBN = 9782253073734

Genre = roman

Thèmes = roman historique, fiction, romance, Seconde Guerre Mondiale, France Occupée, 1939-1945, zazous, jazz.

Résumé (quatrième de couverture) :

Josette, Pierre et Jean sont lycéens, Sarah est coiffeuse, Charlie trompettiste, Marie danseuse, Lucienne apprentie mannequin. Dans un Paris occupé, ils appliquent à la lettre les mots d’ordre zazous : danser le swing, boire de la bière à la grenadine, lire des livres interdits, chausser en toutes circonstances des lunettes de soleil et enfiler de longues vestes à carreaux. Traqués par les nazis, pourchassés par les collaborateurs, rejeté par la Résistance, les zazous ne veulent pas changer la vie, simplement ne pas voir leur jeunesse confisquée.

Mon avis :

J’aime l’idée d’avoir présenté la Seconde Guerre mondiale sous un autre jour, avec ces zazous qui cherchent à vivre leur adolescence malgré les circonstances. L’auteur s’est concentré sur le Paris occupé par l’armée allemande, et nous présente donc un nouveau panorama. On décrit des jeunes gens qui refusent l’occupation et la guerre. On raconte le conflit vu à travers leurs yeux, et je trouve cette idée novatrice. Cela permet de vivre la Seconde Guerre Mondiale sous une autre facette, plus jeune. On ne parle alors pas au passé, mais on est envoyé dans ce passé pour vivre leur présent de cette jeunesse qui a su ne pas se laissée faire. Au fil des pages, on assiste aux événements terribles de cette époque. On ressent la peine et le bonheur des personnages. Avec ce roman, nous découvrons la vie d’un Parisien entre 1940 et 1945. Nous faisons face à cette évolution de violence, à cette désillusion dans laquelle la population a pensé pouvoir continuer de vivre sans trop de problèmes. Puis on assiste aux premières victimes et à cette terrible descente en enfer. On vit avec cette jeunesse les années terribles que Paris a vécu, avec ses évolutions, ses doutes, ses peurs, ses interrogations, son ignorance des événements, etc. On assiste également impuissant à cette Occupation qui fait froid dans le dos.

Le roman est divisé en cinq parties, désignant les cinq ans d’Occupation. Tout au long de ces années, on nous plonge de plus en plus dans ce courant musical qu’est le jazz. On nous fait découvrir un grand nombre de titres musicaux, et les écouter pendant notre lecture nous permet de nous plonger parfaitement dans le quotidien de cette bande d’ami. Avec cette méthode, on réussit à se projeter efficacement dans un passé qui nous est inconnu. Cette thématique musicale nous offre également une certaine légèreté, un peu de lumière et de réconfort dans cette période pleine de noirceur. Si on entre réellement dans le jeu, en écoutant les titres proposés par l’auteur, on a l’impression de vivre « l’aventure » et de faire partie de la bande du café Eva. On se sent comme dans une comédie musicale. Lire ce roman nous apporte également une jolie culture du jazz et des chanteurs célèbres de l’époque, ainsi qu’une certaine culture générale à la fois historique et musicale.

Zazous se concentre sur un personnage en particulier : Josette. On vit dans son esprit, on entend ses pensées, ses idées, ses attirances, ses déceptions et ses désillusions. J’aime beaucoup ce personnage qui fait preuve de gentillesse, d’altruisme et de courage. Je pense que Josette est l’exemple même de cette jeunesse désenchantée, qui a subi la désillusion et la « désespérance ». Que ce soit sous l’Occupation ou la Libération, la terreur était toujours présente. L’animosité battait sont pleins et la violence a pris le pas sur l’humanité. Et tout cela, Josette l’a toujours remarqué et rejeté. Elle n’a pas regardé les deux situations d’un œil simpliste, mais a su voir l’ignoble dans les deux camps.

Un peu de chaleur amoureuse dans ce blizzard de sang… J’aime beaucoup ce livre qui brise le cliché simpliste affirmant que tous les Allemands étaient nazis et tous les Français victimes. On oublie souvent qu’une grande partie du peuple allemand a subi la terreur engendrée par l’Allemagne nazie. Tout au long de ma lecture, j’ai porté un grand intérêt pour le soldat allemand, Gerhard. En effet, l’auteur met un en avant un soldat faisant partie de cette jeunesse allemande en opposition avec cette barbarie qu’est la guerre. Malheureusement, son jeune âge ne lui donne pas le courage de risquer entièrement sa vie, bien que, travaillant au sein du centre de propagande parisien, il fait en sorte de sauver un maximum d’œuvres vouées à la destruction. Avec l’arrivée de ce personnage, l’auteur rend son récit et cette période bien plus délicate. Il apporte des nuances pour présenter une réalité plus complexe. Cette romance m’a fait penser au livre d’Henri Borland, car celui-ci est lui-même parvenu à faire, au cœur d’une après-guerre effroyable, la distinction entre ses persécuteurs et l’allemande qu’il aime toujours (il a fait travailler son humanité réfléchie avant la loi du talion). Pour en revenir à Zazous, nous voyons donc l’apparition d’une sorte de romance à la Roméo et Juliette. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui apporte une certaine douceur au texte et aux décors funestes qui se dessine. Je me suis rapidement attaché à Gerhard qui est un homme à la fois doux, bienveillant, attentionné et audacieux. Leur rencontre très plaisante et permet de fissurer le miroir rouillé pour laisser passer un peu de lumière.

L’écriture est très littéraire, fluide et agréable, avec une forme cinématographique qui nous permet une excellente visualisation de l’intrigue. Je me suis téléporté très facilement en 1940. Grâce à cette plume cinématographique, on ressent tous les événements terribles qui ont eu lieu à Paris (exemple : la Manifestation du 11 novembre – chapitre 11). On perçoit la détresse des personnages, l’injustice et la douleur psychologique/physique auxquelles ils font face. Je suis tombée sous le charme de la plume imagée, sensible et émotive de Gérard de Cortanze. Lors de ma lecture, je n’ai pas vu le temps passer. On a vraiment l’impression de vivre dans une autre époque, d’être un personnage du roman et voir toutes les scènes comme si nous étions les acteurs d’un film. Gérard de Cortanze a su créer une brèche dans le mur séparant la réalité de la fiction.

La citation :

« Vous venez juste de vous retrouver, vous n’allez pas tous sombrer dans la mélancolie tout de même ! Reprenez par le rire ce qui a été perdu par les armes ! Amusez-vous, vous êtes jeunes. « 

Conclusion :

Un roman tellement touchant, pleins d’intensité et d’émotions. Une écriture marquante. Un personnage principal épatant qui ne peut nous laisser de marbre. Voilà ce qui fait de Zazous un nouveau coup de cœur 2021.

À bientôt 😘

Au cœur des lignes

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