Un problème de notre société : le culte du « je n’aime pas » avant même d’avoir essayé : Mon expérience avec La chanson de Roland

Il y a quelques semaines, j’avais relu La chanson de Roland – Un roman que je n’avais pas ouvert depuis le collège. On rencontre souvent cette œuvre à l’école, mais, faisant partie de la culture française, on en entend également beaucoup parler. C’est pour cette raison que j’ai eu envie d’en faire un petit article (en espérant qu’il vous plaira 😊🍀).

Sa naissance et sa découverte

C’est l’un des textes français les plus anciens. Cette chanson de geste date de la fin du XIIe siècle ! Elle est considérée comme l’une des plus anciennes épopées françaises. Mais son âge ne fait pas d’elle une œuvre d’exception. En effet, ce texte fait partie des œuvres les plus admirées grâce à son fort caractère épique qui ne quitte par le récit une seule seconde. On est face à une véritable épopée trouvant son histoire dans l’imaginaire français.

Comme beaucoup d’ouvrages de cette époque, le texte est anonyme. D’après la fin du texte, on peut penser qu’il aurait été écrit par un certain Turold, mais rien ne nous permet de vérifier cette information.

Concernant l’ouvrage en tant qu’objet, seul neuf manuscrits sont en notre possession. Le manuscrit le plus ancien se trouve à Oxford et daterait du XIIe siècle. C’est sur ce manuscrit que les chercheurs ont tendance à se pencher, que ce soit pour l’étudier ou le retranscrire dans nos « versions modernes/scolaires ».

Mais qu’est-ce qu’une épopée ?

Quand on parle d’épopée, on pense immédiatement aux récits et héros grecs. Mais, au premier abord, c’est un « long poème narratif […] en prose au style soutenu qui exalte un grand sentiment collectif souvent à travers les exploits d’un héros historique ou légendaire » (lors de mes cours de fac, j’ai toujours trouvé cette définition d’Espace Français parfaite).

Dans les épopées, nous allons raconter des récits historiques ou légendaires qui sont souvent ancrés dans l’imaginaire populaire (vous connaissez surement Ulysse, Hercule ou encore Achille).

Parmi les épopées les plus célèbres, nous avons L’Iliade et L’Odyssée d’Homère.

Et une « chanson de geste » ?

C’est une sorte d’épopée française du Moyen Âge qui raconte des exploits/faits héroïques avec, en premier plan, des héros d’exception et une touche de « surnaturel ». La chanson de geste est inventée via l’imagination dite populaire. Cette imagination populaire est racontée de génération en génération, à l’oral et peut évoluer/changer en fonction du temps ; nous avons notamment l’exemple des contes populaires qui, avant d’être couchés sur papier, ont d’abord été racontés.

Avec le terme « geste », on ramène ces récits aux hauts faits accomplis par une communauté (ce qui est assez similaire de l’épopée grecque).

Comme nous l’avons dit ci-dessus, La chanson de Roland est anonyme. Et c’est le cas de pas mal de chanson de geste. Souvent, les œuvres ne présentent pas l’auteur qui l’a écrite. Il y a parfois un nom dans les livres (ici, Turold), mais on ne saura jamais s’il s’agit de l’auteur, du copiste ou du chanteur (comme très peu de gens savaient lire, à cette époque, les récits étaient souvent récités ou chantés).

Les chansons de geste sont divisées en trois groupes d’histoire. Ces groupes sont appelés des Matières (on se sert de la matière de trois grands imaginaires) :

  • La Matière de France = elle touche l’imaginaire et l’histoire française (exemple de La chanson de Roland).
  • La matière de Bretagne = elle touche l’imaginaire de Grande-Bretagne. Vous le retrouvez avec Chrétiens de Troyes et ses récits sur le roi Arthur et les chevaliers de la table ronde.
  • La Matière de Rome = c’est tout l’imaginaire antique dont la ville centrale est Rome.

La matière de France, dans laquelle fait partie notre œuvre, est la plus populaire entre le XIIe et le XIIIe siècle. Le personnage central de cet imaginaire était Charlemagne, roi des Francs, qui a été la source de nombreuses légendes. Charlemagne est vu comme un héros mythique/légendaire dans les chansons de geste. Mais il ne faut pas oublier que tous les personnages associés à sa personne devenaient également des personnalités importantes dans ces récits. Nous avons notamment le chevalier Roland qui pourrait être l’incarnation même de l’idéal chevaleresque du Moyen Âge.

La chanson de Roland

Certains spécialistes comparent cette œuvre du Moyen Âge à L’Iliade (texte que nous connaissons très bien). Pourquoi ? Car La chanson de Roland relate l’aventure et la conquête de Charlemagne en Espagne, ce que l’on appelle La Reconquista, et en Orient.

L’ouvrage mettra également en avant les thématiques des croisades, de la guerre sainte et de la féodalité.

L’histoire prend donc place à l’époque des croisades. Après avoir conquis l’Espagne pendant sept ans, Charlemagne et son armée rencontrent une défaite fatale à Roncevaux, en 778. Le récit relate donc de ce combat épique entre l’armée de Charlemagne et celle du roi des Sarrasins, Marsile. L’arrière-garde française tombe dans une embuscade et, malgré un combat héroïque, devra faire face une terrible défaite. Charlemagne se jure alors de les venger. Comme le titre nous l’indique, Roland, grand et puissant guerrier respecté de tous, est le héros du récit. Malheureusement, sans surprise pour le lecteur (et le peuple de l’époque), le récit met surtout un point d’honneur sur la manière dont Roland trouva la mort.

Pourquoi l’avoir lu en sachant que je n’aimais pas ce genre littéraire ? – Allons au-delà de la littérature

En effet, j’ai tendance à ne pas aimer les chansons de geste ou tout autre texte datant du Moyen Âge. Je suis une grande amoureuse du roman et surtout, dans la littérature française, du réalisme et du naturalisme, soit le XIXe siècle. Mes auteurs favoris resteront Victor Hugo et Zola, ce qui me fait me sentir très éloignée des textes du XIIe siècle. La forme poétique est probablement le genre que j’apprécie le moins et qui ne m’a quasiment jamais embarqué dans un univers. J’ai souvent eu tendance à m’en lasser, et je dois dire que je n’ai qu’un seul coup de cœur poétique pour le moment : Les châtiments de Victor Hugo.

Ma relecture n’a donc pas été un succès, et m’a fait repenser à ma première tentative qui fut d’un ennui assez désagréable. Par rapport aux textes d’Homère, je n’ai pas vraiment ressenti le côté épique comme on semble l’admirer dans ce texte…

Je n’arrive donc toujours pas à apprécier La chanson de Roland, et une grande majorité des chansons de geste. Cependant, cette relecture m’a tout de même permis de rafraîchir la mémoire de ma culture littéraire. J’en ai profité pour faire énormément de recherche sur cette période du Moyen Âge, historiquement ou littérairement, et ça m’a véritablement permis de développer mes connaissances sur le sujet. Malgré une lecture décevante, j’ai pu apprendre un grand nombre de choses et je pense que c’est la raison pour laquelle je conseillerai à tout le monde la lecture de cet ouvrage. En effet, même s’il plaira à certains et à d’autre non, je pense que le fait de découvrir l’un de nos textes les plus anciens est déjà bien plus important, voire intéressant, que de juste aimer une histoire. Je pense que parfois, la littérature nous demande d’aller plus loin que nos goûts personnels. Je pense que c’est toujours intéressant de pouvoir se fonder une connaissance, de découvrir une époque passée, une histoire, voire un personnage de notre pays. En soit, de connaitre ce passé qui nous a mené vers notre présent et qui nous mènera vers le futur.

Mais pour aller plus loin, je considère au quotidien qu’il ne faut pas rester bloqué dans notre zone de confort/loisir. Il y a des choses qu’on est sûr d’aimer et d’autres qu’on n’aimera pas. Mais ce que l’on n’aime pas, nous en avons logiquement fait l’expérience avant d’affirmer notre pensée. Et c’est vers cette idée que j’aimerai aller. Elle ne concerne pas essentiellement la littérature, mais tout ce que l’on fait au quotidien (je parle bien évidemment d’un quotidien « normal », pas du fait de combattre ses peurs par exemple). Chaque jour, on est amené à découvrir de nouvelles choses et à rencontrer des gens qui ont des passions différentes des nôtres. On va rencontrer des nouvelles idées, des nouveaux goûts, des nouvelles visions… Et je pense qu’il ne faut pas immédiatement annoncer la phrase culte « je n’aime pas », car, parfois, on peut être surpris de constater qu’on apprécie finalement cette petite partie de l’ensemble qu’on déteste habituellement (type de nourriture, activités, loisirs, etc).

Ce que je veux dire par la, c’est que je pense qu’il ne faut pas toujours se diriger vers notre zone de confort. Découvrir de nouvelles choses et sortir de ce qu’on aime faire habituellement nous permet parfois d’obtenir de bonnes expériences. On entend souvent ces phrases : « 

  • « Ce que tu lis, c’est de la littérature de gare »
  • « Pourquoi que des mangas ? Ça ne t’apportera rien »
  • « Je n’aime pas lire… Et encore moins les classiques, c’est chiant »
  • « Je déteste le sport »
  • « Je déteste les fruits et les légumes »
  • « Visiter des choses ? Je n’aime pas »
  • etc

« Je n’aime pas… je n’aime pas… je n’aime…. ». Et c’est comme ça, sans raison précise, sans avoir même essayer de s’ouvrir à quelque chose. Mais souvent, quand on n’aime pas, c’est parce qu’on a voulu suivre la pensée d’autres personnes plus charismatique, plus forte mentalement (vous savez, ces personnes que l’on rencontre dès le collège et que tout le monde suit ?). Quand je suis arrivé au collège, je rencontrais toujours des gens qui s’occupaient de la pensée des autres. Ces gens décidaient que la littérature était barbante, qu’il y avait des sports pour les filles et d’autres pour les garçons, qu’il fallait aimer la téléréalité, qu’il fallait aimer le foot pour les garçons, qu’il n’y avait qu’un seul type de manga qui était bien, que la musique, c’était ringard, mais qu’il fallait écouter le rap français, etc. Et malheureusement, ces influences ont parfois poussé les gens à ne plus tenter de se faire son propre avis. Personnellement, j’ai toujours décidé de placer une barrière entre ces personnes et moi. J’ai toujours pris la décision d’essayer et de me faire mon propre avis, de me construire ma propre identité et mes propres goûts. Et c’est pour cette raison que je partage dans ce blog, mais aussi dans mon quotidien, énormément de thématiques qui m’intéressent toutes. Et chaque jour, j’ai envie de tester de nouvelles choses et voir si mon identité change ou évolue.

Alors, je me dis : pourquoi ne pas transformer ces phrases négatives en phrases positives ? Pourquoi bloquer ou se bloquer soi-même, sans se laisser une chance de peut-être apprécier autre chose ? :

  • « Je n’ai jamais laissé de chance à un livre, mais peut-être que je peux trouver un genre qui me plaira. Ce n’est pas que je n’aime pas lire… Je n’ai pas encore trouvé le style qui me convient »
  • « J’ai vue que tu lisais beaucoup de livre du même genre, et je fais pareils. On pourrait essayer de découvrir le style de l’autre ? »
  • « Je suis très fan de manga. Mais ce qui est dit est vrai. Je lis avec eux, donc j’aime lire. Je pourrais essayer de m’ouvrir à d’autres horizons. Les mangakas s’inspirent de thèmes littéraires que je pourrais découvrir ? »
  • « Je n’aime pas tel type de musée, mais il y a surement d’autres choses culturelles que j’aimerai visiter ».
  • « Je n’ai jamais goûté, je n’ai jamais essayé. Je ne peux pas me faire d’avis négatif sur quelque chose que je ne connais pas. Je me dois de me faire mon propre avis ».
  • Etc

En soit, La chanson de Roland n’a pas été un succès. Ce roman m’a permis de découvrir une partie de l’histoire et de la littérature française. Mais ça n’a pas été une bonne lecture. Et c’est encore le cas avec Le Rouge et le Noir de Stendhal. Par ailleurs, il y a beaucoup d’autres genres ou livres qui n’étaient pas du tout mon style, mais que j’ai tenté de découvrir quand même et que j’ai apprécié.

Alors, je vous dirais de ne pas rester dans la négation. Je vous conseillerai vraiment d’élargir votre univers, car il y a tellement de choses qui pourraient vous plaire. Non les loisirs ne sont pas une perte de temps et la culture n’est pas ringarde. Il faut de tout pour faire notre quotidien, et je dirais que, plus on se diversifie, moins on s’ennuie et plus notre vie est passionnante. Et c’est un peu l’image de mon blog : découvrir des univers divers et variés et surtout me découvrir des passions auxquelles je n’aurais jamais pensé si je n’avais pas forcé la porte de ma zone de confort.

J’espère que cet article vous plaira, et qu’il vous aura apporté quelque chose de positif 😊

A bientôt

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