Mon premier coup de cœur 2021 : La sœur du roi – Alexandra de Broca

Début mars, j’ai terminé un roman qui m’a terriblement chamboulé. Paru aux éditions Albin Michel, ce livre, à la fois fictif et historique, porte le nom de La sœur du roi. Il est écrit par l’auteure et scénariste française, Alexandra de Broca.

Note : 5 sur 5.
  • Titre : La sœur du roi
  • Auteur : Alexandra de Broca
  • Date de parution : 31 mai 2017
  • Éditeur : Albin Michel
  • Genre Littéraire : Roman historique, Romance, Tragique
  • Nombre de pages : 406
  • Public cible : jeunes adultes, adultes, passionnés d’Histoire française, romantiques.

Résumé de l’œuvre/Résumé éditeur :

Elle est princesse de sang. Recluse à la Cour de Versailles, vouée à rester seule et à se consacrer aux œuvres charitables. Lui est roturier. Brillant botaniste du jardin du Roy, il est adepte des Lumières.
Tout oppose Madame Elisabeth, la jeune sœur de Louis XVI, et François Dassy. Pourtant, lorsqu’ils se rencontrent par hasard dans la forêt de Fontainebleau, une irrésistible attirance les pousse l’un vers l’autre. Mais la révolution gronde et menace cet amour clandestin… Elisabeth saura-t-elle suivre les idées nouvelles qui bouleversent la France ? Et mettre en danger la royauté ? Dassy est-il un honnête homme ou un imposteur ?

Avis :

On entend souvent parler de la Révolution Française. Mais le plus souvent, c’est la version républicaine, enseignée à l’école depuis notre plus jeune âge, qui est mis en avant. Cependant, chaque histoire est censée posséder deux points de vue. Il serait alors intéressant d’entendre la voix des républicains et de la famille royale.

Étaient-ils tous à blâmer ? Se tenir comme juge ultime, décider de la vie ou de la mort d’un être humain, était-ce la solution au problème ? Est-ce la seule et unique façon de changer et/ou de faire avancer les choses ? La haine, la violence, la barbarie, la loi du talion, les rivières de sang, la Terreur, … Était-ce réellement la Volonté d’un peuple entier pour obtenir une vie meilleure ? Toutes ces questions, je me les suis constamment posé en lisant ce roman. En effet, derrière cette romance tragique française, à l’inspiration de Roméo et Juliette, n’y a-t-il pas également une volonté de présenter ces événements sous un autre angle ? D’entendre la famille royale en se penchant sur d’autres personnages que les célèbres Louis XVI et Marie-Antoinette ?

Dans tous les cas, cette romance fictive, basée sur une possible relation platonique entre Madame Elizabeth et François Dassy, m’a énormément émue. Les deux personnages sont passionnants, intelligents, contemporains pour leur époque. Ils sont des figures totalement différentes des habituels personnages de la Révolution Française.

Elizabeth m’a vraiment beaucoup inspiré. Elle est le total opposé de Marie-Antoinette, et j’aurai tellement voulu en apprendre davantage sur cette figure de France bien plus extraordinaire que l’était les souverains de l’époque. Pourquoi s’acharner à dépeindre les travers d’un roi et d’une reine en manque de compétence quand, à côté, nous avons la description historique d’une âme/dame pure, savante, altruiste, consciente des problèmes de son époque, charitable, et aimé à tel point que l’Histoire l’a nommé Sainte ? Au fil de ma lecture, j’ai vraiment perçu Elizabeth comme une victime de la haine humaine, et non pas comme une coupable. Était-ce volontaire de la part de l’auteure ? A-t-elle voulu montrer une autre image de cette famille royale très souvent détestée par des bourgeois avide de sang et non de paix ?

Pour ce qui est du personnage de François Dassy, il m’a fait rêver tout au long de ma lecture. À la fois sincère, mystérieux, gentleman, amoureux, intelligent, altruiste, beau, charmant et séduisant, il est parvenu à entrer dans la liste de mes Coups de cœur littéraires masculins. J’aurais tellement voulu en apprendre davantage sur ce personnage historique, malheureusement on ne connait rien de lui, et le possible amour platonique avec Madame Elizabeth n’a jamais été prouvé.

Concernant la plume de l’auteur, elle est accessible au grand public. Notre lecture nous demande parfois de faire quelques recherches sur les détails historiques (personnages, événements, …), surtout si on ne maîtrise pas le sujet, mais, à part cela, la lecture est très fluide. L’auteure a une jolie capacité à faire entrer son lecteur dans son univers. J’ai beaucoup aimé tous ces détails utilisés pour décrire l’univers romanesque, cette écriture fine et puissante pour présenter la psychologie des personnages. J’ai également beaucoup apprécié le système des chapitres, qui fonctionne sur l’avancée de la rencontre entre Elizabeth et François Dassy. En effet, au départ, l’auteure alterne les chapitres entre les deux personnages. Puis au fil des pages, les personnages vont finir par se rencontrer et apparaitre dans les mêmes chapitres. Là où on avait la description en parallèle de la vie différente de nos deux héros au début du roman, nous avons ensuite une union, au milieu, à la fois romanesque et technique.

Conclusion :

J’ai beaucoup apprécié ce roman. Il est l’un des seuls qui est parvenu à me faire pleurer à chaude larme. Certes on connait la fin tragique de l’histoire en avance. On ne peut pas changer l’Histoire. Mais ce qui donne sa particularité au roman, c’est cette incapacité pour le lecteur de changer l’Histoire, c’est à la fois cette puissance de l’amour et notre impuissance face au destin injuste que doivent subir les héros. C’est ce mélange entre moments heureux, passionnant, chaleureux, … et ce retour brutal à la réalité qui fait que ce livre est une véritable mine d’or pour les émotions du lecteur. La sœur du Roi est mon premier coup de cœur de l’année 2021. Mais en plus de cela, il fait partie de ces livres qui ne quitteront probablement jamais ma bibliothèque.

Si vous aimez les romances puissantes et émouvantes, avec un brin de tragédie et d’Histoire, vous serez conquis par le roman d’Alexandra de Broca. Je vous le conseil fortement et espère qu’il vous plaira autant qu’il m’a plu.

La citation :

« Ma vie ne vaut rien et si j’avais pu la lui donner ! Sa mort… sa mort me bouleverse. Elle me révolte, elle heurte profondément ma conscience, ma morale. Ces hommes sont des sauvages, des barbares. Être sœur de roi ne justifie pas pareil châtiment ! Mon cœur est déchiré, mon esprit en colère. Cette exécution était celle de trop. J’ai l’impression que c’est ce que pensent une majorité de Parisiens. […] Toutes ces femmes exécutées ce funeste jour de mai n’avaient que leurs origines à se reprocher. Rien d’autre. Cette effroyable machine à tuer ne règle aucun des problèmes de nos concitoyens. Ils ont beau crier : « Vive la République, vive la nation », ce ne sont que des mots, ils sont sans effet sur leur misère » – Épilogue.

Bonne lecture !

Au cœur des Lignes

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