Les Hauts de Hurlevent – Emily Brontë

J’ai terminé Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë !

  • Titre : Les Hauts de Hurlevent
  • Auteur : Emily Brontë
  • Date de parution : 1847
  • Edition : Archipel – Poche
  • Nombre de pages : 451

Note : 5 sur 5.

Entre noirceur, rancune, tristesse, cruauté… la plume de l’auteure ne vous laissera pas de marbre.

Emily Brontë (1818-1848) est une poétesse et romancière anglaise. Tout au long de sa courte vie, elle n’a écrit qu’un seul roman, Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights), qui devient un grand classique de la littérature anglophone. Cinquième sœur d’une lignée de six enfants, Emily va passer la quasi-totalité de sa vie dans le presbytère de Haworth, dans le Yorkshire (son père étant pasteur). La famille va subir de nombreuses tragédies : La mort de la mère, puis des deux sœurs aînés, du seul frère Branwell, d’Emily Brontë elle-même…

Emily Brontë est une jeune fille talentueuse mais solitaire, et peu à l’aise avec le monde extérieur. Elle préfère rester dans la lande, malgré les nombreuses tentatives de son père et ses sœurs pour l’habituer au monde (deux tentatives de scolarisation, poste d’institutrice, pensionnat…). Emily va écrire de nombreux poèmes sous le pseudonyme d’Ellis Bell. Tout comme ses deux sœurs (Anne et Charlotte), elle est passionnée par l’écriture et est influencée par certaines inspirations, telles que les contes gothiques lues par son père. Charlotte Brontë proposera à ses deux sœurs d’écrire chacune un roman. C’est alors qu’en 1847 Emily publie, sous son pseudonyme, Les Hauts de Hurlevent, qui a obtenu un certain succès, notamment grâce à son étonnante noirceur. Tandis qu’elle écrit son roman, Branwell (son frère) fait face à un terrible chagrin amoureux. Celui-ci devient alors un fervent amant de l’alcool et de l’opium. Il sombre rapidement dans la déchéance et est emporté par la tuberculose en 1848. Pendant tout ce temps, c’est Emily qui prend soin de lui et qui attend son retour des bars de Haworth. A la mort de son frère, elle est également atteinte de la tuberculose, mais elle refuse de se soigner et meurt en 1848, à l’âge de 30 ans. Malgré cette vie courte, elle aura écrit l’un des romans les plus marquants de la littérature anglophone du 19e siècle.

Résumé : Dans la campagne anglaise, les Earnshaw se voient accueillir, après un voyage du père de famille, un jeune orphelin à la peau sombre : Heathcliff. Celui-ci est très apprécié par la cadette, Catherine, mais ait haï par le frère aîné, Hindley.  Les années passent, le jeune Heathcliff présente un caractère peu avenant et un comportement assez vicieux et violent. A la mort du père, Hindley devient le maître et retire à Heathcliff sa place au sein des Earnshaw ; il grandit alors comme valet de ferme mais garde sa forte amitié avec Catherine. Au fil du temps, la relation entre Catherine et Heathcliff devient ambïgue. Celui-ci éprouve un fort penchant pour la fille de la maison, et Catherine n’ai pas insensible à son ami d’enfance. Elle décide pourtant d’épouser « un homme de son rang ». C’est alors que débute la terrible vengeance d’Heathcliff…

Rien n’est fait pour égayer le lecteur. L’univers est froid et lugubre. Les personnages sont un mélange de négativité alarmante. L’histoire est terrifiante, sombre et tragique. Mais c’est ce qui fait du roman une lecture étonnante et unique. Le titre lui-même nous annonce les couleurs de l’œuvre : un lieu solitaire, tempétueux, où le vent glacial est le seul visiteur de cette maison abandonnée de toute âme chaleureuse.

Les Hauts de Hurlevent est un roman qui dépeint à lui seul la bestialité humaine. Mise à part Nelly, la servante, aucuns personnage n’est appréciable. Ils sont tous touchés par la perversité, le mauvais esprit, l’animosité, l’égoïsme, le sadisme, le vice et la violence… Le personnage d’Heathcliff est, par ailleurs, le pire. Cet homme effrayamment amoureux va jusqu’à rendre le roman macabre et morbide !

L’œuvre d’Emily Brontë est pourtant dépeinte comme une romance. Mais ici, nous sommes plus dans un romantisme propre à l’auteure, qui semble s’être inspirée des romans gothiques, voire des tragédies. Et pour ses personnages, Emily semble également s’être inspirée de son entourage, notamment son frère Branwell, que l’on peut retrouver dans le désespoir amoureux et l’alcoolisme profond d’Hindley mais aussi dans la violence d’Heathcliff. Cependant, depuis sa naissance, le roman n’a pas cessé de susciter l’étonnement et la perplexité des lecteurs : nous sommes face à une romance funeste et pourtant totalement innovante (bien loin du merveilleux romantisme de Charlotte Brontë et son roman Jane Eyre).

L’écriture d’Emily Brontë est poignante, marquante, angoissante parfois. Mais nous sommes également dans une écriture très romantique, au sein d’un roman psychologiquement tragique.

La citation :

« Puisse-t-elle se réveiller dans les tourments ! […] Elle aura donc menti jusqu’au bout ! Où est-elle ! Pas là… pas au ciel… pas anéantie… où ? Oh ! Tu disais que tu n’avais pas souci de mes souffrances. Et moi, je fais une prière… je la répète jusqu’à ce que ma langue s’engourdisse : Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrais ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que les fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi… prends n’importe quelle forme… rends-moi fou ! Mais ne me laisse pas indicible ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme ! »

De mon côté, Les Hauts de Hurlevent est un coup de cœur ! L’univers mélancolique de ce roman m’a beaucoup marqué. Cet ouvrage m’a touché, terrifié, angoissé, et pourtant je l’ai adoré. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille fortement cette romance noire et particulière.

« Romance noire »… Finalement je pense que l’on peut tout de même y voir une certaine forme de romance avec la fin de l’oeuvre. Les amants se retrouvent bien un jour. Qui sait, il est possible qu’Emily Brontë ait voulu illustrer cette image de « l’amour plus fort que la mort ».

A vous de me dire ce que vous en avez pensé 😉

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