Lorenzaccio – Musset

20170925_161058AUTEUR : Musset

NOMBRE DE PAGE : 336

EDITION : folio théâtre, Gallimard (Edition de Bertrand Marchal)

SORTIE : 1895

TITRE : Lorenzaccio

« Le vice a été pour moi un vêtement. Maintenant, il est collé à ma peau »

Résumé : Ma jeunesse a été pure comme l’or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s’est amoncelée dans ma poitrine, et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout à coup, une certaine nuit que j’étais assis dans les ruines du Colysée antique, je ne sais pourquoi je me levai, je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu’un des tyrans de la patrie mourrait de ma main. J’étais un étudiant paisible, je ne m’occupais alors que des arts et des sciences, et il m’est impossible de dire comment cet étrange serment s’est fait en moi. Peut-être est-ce là ce qu’on éprouve quand on devient amoureux.

(Acte III, scène 3)

166px-Alfred_de_musset Alfred de Musset est né à Paris en 1810. Il est présenté à Victor Hugo. Musset est accepté par les romantiques comme un des leurs. Il collabore à la Revue des Deux Mondes où il fait la rencontre de George Sand (elle écrira une sorte d’esquisse de Lorenzaccio). Lorenzo de Médicis est une véritable figure de l’histoire. Musset meurt à Paris en 1857.

 

livre lunette dague

Je suis depuis septembre en première licence de lettres modernes. Et qui dit « lettres », dit « livres ». J’ai donc reçut une liste à rallonge de lectures universitaires. Je commence donc avec Lorenzaccio d’Alfred de Musset aux éditionsFolio théâtre, dans l’édition de Bertrand Marchal

Je ne suis pas, en temps normal, une grande adepte du genre théâtrale. Mais il arrive que certaines pièces sorte du lot. Lorenzaccio est une pièce parue dans « le théâtre dans un fauteuil ». Après l’échec d’une de ses pièces sur scène, Musset décide de rompre avec le genre théâtral. Cependant, il fait le choix de continuer à écrire des pièces mais, qui seront dédiées à la lecture et non à la scène.

Ce livre nous relate l’histoire de la Florence de la Renaissance. Une Florence détruite par le vice, la mort, les jeunes filles déshonorées… Celle-ci est dirigée par le Duc Alexandre de Médicis (mis au pouvoir par Cléments VII).  Lorenzo, est proche du Duc : c’est lui qui lui apporte les jeunes filles pour le temps d’une soirée. Vu comme un être malsain et vicieux, il est peu apprécié du peuple. Cependant, notre protagoniste cache un plan plus terrible : un plan criminel. Que va-t-il se produire au sein de cette ville dont les dalles regorgent du sang de ses enfants ? que va-t-il advenir de notre héros ?

opinion.png

Il est vrai que le théâtre n’est pas un genre que j’apprécie. Les descriptions sont faibles pour les personnages et il faut sans arrêt lire leurs noms avant leurs phrases. Cependant, ce livre fut une belle lecture. J’ai beaucoup aimée le contexte de l’action ainsi que les différents personnages de la pièce. L’histoire fait place à des retournements de situations auxquels on ne s’attend pas. Quant au texte en lui-même, il est magnifique. Les tirades de Lorenzaccio sont si belles que je n’ai pas hésité à y mettre des post-it afin de les relire. La plume de Musset est agréable, la lecture est fluide et on ne se perd pas dans les personnages. Cependant, on se retrouve avec une fin très rapide et presque proche de la « frustration ». Il est vrai que dans l’histoire pure et dure,  Lorenzo de Médicis est assassiné. Mais il n’est pas dit qu’il est tué aussi rapidement et après une tirade auquel il fait allusion à son assassinat. Par ailleurs, il y a également toute l’élection du nouveau Duc qui me semble être une sorte de méli-mélo incompréhensible. On a du mal à comprendre qui parle, qui agit… quant au nouveau duc, on ne le connaît pas, on ne sait pas d’où il sort ni ce qu’il fait ici.

« Il y a plusieurs cordes à la harpe des anges ; le zéphyr peut murmurer sur les plus faibles, et tirer de leur accord une harmonie suave et délicieuse ; mais la corde d’argent ne s’ébranle qu’au passage du vent du nord »

Les personnages sont intéressants. On en retrouve beaucoup qui sont historiques. Musset s’est nous faire aimer et détester un personnage. Cependant, cela est beaucoup plus difficile avec Lorenzo. Au début du livre, je l’ai détesté, puis après j’ai ressentie de la compassion et de la tristesse à son égard. C’est assez étrange car on a un protagoniste qui joue le rôle d’un homme vicieux mais en même temps, il n’est rien d’autre qu’un jeune homme plein d’ambition. Par ailleurs, il n’y a eu aucune ambiguïté pour le Duc. Je l’ai haïs du début à la fin. Ce n’était pas possible de faire autrement avec le comportement qu’il laissait paraître à la vue du monde.

lorenzaccio.png

 On est face à un récit historique. Musset nous fait découvrir une Florence à la fois romantique, vicieuse et sanguinaire. Le récit est très bien écrit, avec des dialogues pour certains d’une grande beauté. Lorenzo nous montre tous les envers du décor que ce soit de la ville ou de son propre intérieur. malgré une fin un peu brouillonne et rapide, cette pièce de théâtre reste néanmoins une très bonne lecture. 

Une Florence romantique, vicieuse et sanguinaire pour une lecture à la hauteur de notre ère…

florence-2314879_1920.jpg

 

 

 

 

 

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s